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Culture

Prix œcuménique au festival de Varsovie

Prix œcuménique au festival de Varsovie

Varsovie, 23 octobre 2017 (SIGNIS / INTERFILM). Lors du 33ème Festival international du film de Varsovie, le jury œcuménique, nommé par SIGNIS et INTERFILM, a décerné son prix au film Beyond Words, d'Urszula Antoniak (Pays-Bas, Pologne, 2017). Le jury a remis son prix à ce film pour « honorer sa haute qualité artistique ». « La performance des deux acteurs principaux et l'utilisation impressionnante du noir et blanc ressortent particulièrement », ont déclaré les jurés. « Le film réfléchit de manière créative sur la question mondiale de la migration et la relation complexe entre la Pologne et l'Allemagne. Il souligne la valeur de la dignité humaine, et en particulier le concept chrétien du pardon. » Le jury a également remis une mention spéciale à Rudar (The Miner) de Hanna Slak (Slovénie, Croatie, 2017). « Rudar est une histoire multicouche avec une grande pertinence historique », a déclaré le jury. « Le scénario est bien développé et, à travers de moments dramatiques, permet au spectateur de s'identifier profondément au héros. Il envoie un message fort à l'auditoire : parfois, la bonne chose à faire est d'aller à l'encontre de ce qui est accepté ; parfois la bonne chose à faire est de désobéir. » Les membres du jury sont Heinz-Martin Krauss (président du jury, Allemagne), Charlotte Timmermanns (Belgique) et Witold Kawecki (Pologne).
Numéro Une

Numéro Une

(de Tonie Marshall. France, 2016, 1h50. Avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Francine Bergé, Samy Frey, Benjamin Biolay, Richard Berry.)   23 octobre 2017 (Magali Van Reeth) – Avec des accents de thriller politique, le nouveau film de Tonie Marshall montre que, même dans les sociétés occidentales, il est difficile pour une femme d'accéder aux postes de pouvoirs, où se prennent vraies les décisions.   Elle est sympathique Emmanuelle Blachey, la quarantaine élégante, essayant de concilier au quotidien ses responsabilités de chef d'entreprise et mère de famille, tout en révisant son chinois et en faisant un peu de sport. Elle n'est pas une activiste féministe mais elle connaît les écueils de son parcours brillant, dans sa vie professionnelle et sa vie de couple. Elle connaît aussi les humiliations, volontaires ou non, des hommes qu'elle côtoie dans le monde du travail et à l'extérieur. Lorsqu'elle est approchée par un réseau de femmes influentes et militantes, pour prendre la tête d'une grande multinationale, elle est d'abord sceptique.   La réalisatrice construit son film avec une distribution judicieuse. Emmanuelle Devos incarne naturellement son personnage. Elle est aussi à l'aise dans la chambre d’hôpital où elle retrouve son père et le milieu modeste dont elle est originaire, qu'aux réception à l'Opéra où il faut se montrer dans des robes aux coupes contraignantes, comme sur le chemin de l'école avec sa fille où elles déclament des vers d'Edmond Rostand (un maître quand il s'agit de personnages complexes et de faire mouche à la fin de l'envoi...). Francine Bergé et Suzanne Clément sont les têtes pensantes et actives du réseau de femmes voulant transformer la société en aidant les femmes à accéder au pouvoir, alors que Richard Berry et Benjamin Biolay conspirent pour le garder entre eux.       Si le scénario a par moments des accents de thriller, la fiction s'ancre dans des scènes pertinentes et réalistes. Comme ces petits gestes où un homme se permet de poser la main sur la jambe d'une femme assise à ses côtés. Quand ce ne sont pas ces paroles odieuses qui ne font rire que ceux qui les prononcent et qui sont une réelle humiliation pour celles qui les entendent. Lors du dîner avec les clients chinois, Emmanuelle Blachey sait pertinemment qu'elle gagne un contrat autant par sa grande connaissance de leur culture que par son charme. Et lors de la sortie sur la plate-forme en mer, c'est encore la finesse de son intuition qui lui permet de gagner la confiance des ouvrières.   Comme dans la vraie vie, il y a aussi de beaux personnages masculins, notamment le mari et le père d'Emmanuelle. Le premier la soutient avec une constance et un amour véritable qui permet la confrontation. Et son père, ancien professeur, a une relation très tendre et très dense avec sa fille. Eloigné du grand monde de la finance internationale et des cercles politiques, il est celui qui permet à Emmanuelle de rester en contact avec la simple réalité ordinaire. Loin d'être une charge militante, Numéro Une est un film prenant autour des magouilles et des mentalités archaïques des cercles de pouvoirs, politiques et économiques.   Magali Van Reeth