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Culture

Une production allemande est le prix SIGNIS à Monte Carlo

Une production allemande est le prix SIGNIS à Monte Carlo

Monte Carlo, 20 juin 2018 (SIGNIS). Le téléfilm allemand Der Polizist, Der Mord Und Das Kind du réalisateur Johannes Fabrick, produit par la société allemande Hager Moss Film, est le prix SIGNIS du 58ème Festival de Télévision de Monte Carlo. Ce téléfilm raconte l'histoire vraie de Carlos Benede, policier au département de protection des victimes, dont la vie va être bouleversée par le cas d'Alexander, 11 ans, qui a vu son père assassiner sa mère. Selon le jury SIGNIS, « c’est un téléfilm émouvant, parce que ce policier donne une réponse personnelle aux conséquences d'un problème social actuel (la violence) auquel il fait face quotidiennement lors de son travail. À deux reprises, il fréquente des enfants traumatisés par le meurtre de leurs mères, et dans les deux cas, il prend la décision généreuse de les accueillir chez lui et de les intégrer à sa famille. Ce film montre comment un passé personnel compliqué (Carlos Benede fut élevé par une religieuse suite à l’abandon de sa mère) peut devenir une expérience transformatrice qui mène à affronter la réalité avec une attitude plus engagée face aux problèmes et aux souffrances des autres. » Le jury SIGNIS au 58e Monte-Carlo Television Festival est composé de Carlos Garde (Italie), Isabelle Verbrugge (Belgique), Frank Frost (États-Unis), Lisa Bhajan (Trinité-et-Tobago).
                                                                                                Jericó, l'envol infini des jours (mention SIGNIS Toulouse 2017)

Jericó, l'envol infini des jours (mention SIGNIS Toulouse 2017)

(de Catalina Mesa. France/Colombie, 2016, 1h17. Rencontres latino-américaines de Toulouse 2017, mention spéciale du jury SIGNIS et prix du public. Documentaire.)   20 juin 2018 (Magali Van Reeth) – Ce documentaire saisit d'abord par son ton joyeux et la beauté de ses images puis nous surprend avec des personnages hauts en couleurs, avant que l'émotion nous touche avec délicatesse.   Jericó est un petit village en dehors des routes touristiques, posé comme un joyau au cœur des montagnes de la Colombie. A travers la caméra de Catalina Mesa, sa beauté est saisissante. Peintures vives sur les murs et les portes, fleurs aux fenêtres, maisons décorées avec soin, et fenêtres rythmées de couleurs qui encadrent des personnages surprenants. Tout le film est accompagné d'une musique joyeuse et entraînante, tirée du répertoire populaire colombien et interprété par la pianiste Teresita Gómez.   On entre dans le film avec Chila qui recouvre son grand corps d'imprimés aussi joyeux qu'elle. Elle dort dans une chambre ornée d'une incroyable collection de chapelets. Elle a la parole généreuse et même si elle a passé l'âge des premiers émois amoureux, elle s'amuse à imaginer un soupirant. Dans l'église du village, elle est chez elle et échange des petits pains avec le curé. Fabiola astique des statuettes de saints, les vénère et les houspille dans un même souffle. Elvira a 102 ans et attend la mort sans impatience. On rencontre aussi la première institutrice du village, Celina et ses vaches, et d'autres encore jusqu'à la jeune infirmière et Laura, une fillette au sourire radieux.   Rides ou pas ride, elles ont toutes les yeux qui pétillent, des rêves qu'elles confient sans fausse pudeur, des rires coquins et un goût prononcé pour les couleurs qui claquent. Et surtout, à travers le regard de la réalisatrice, elles sont toutes belles. Jericó, l'envol infini des jours est un hommage aux femmes de ce pays traversé par la guerre civile depuis des années, qui croient encore en la vie et assument leur destin avec une humilité poignante. Le récit des drames, les larmes ou l'aveu d'une faiblesse viendront, mais sans emphase, comme un élément indissociable de la vie.   Le désir de vie est toujours là, désir d'un amour romanesque, souvenir d'un frisson de la chair, désir de création qui s'exprime dans les gestes les plus ordinaires. Une galette de maïs préparée à partir des grains moulus à la main, un air de musique au piano, un poème, un couvre-lit cousu avec une machine à coudre à pédale, le maquillage avant de sortir, un cerf-volant de papier et de tissu patiemment construit pour s'envoler dans les cieux... Comme Catalina Mesa, en construisant son film, sublime ces vies-là par le cadre qu'elle leur donne.   Chaque maison où on entre est décorée avec minutie, propre, lumineuse, apaisante, comme si le soin apporté par ses femmes à leur intérieur était le signe de leur optimisme farouche, qui leur permettait de soigner ainsi les blessures de la vie et de leur corps. La couleur des murs et des fenêtres ne cache pas le drame mais console et ramène à la vie. Comme la religion, très présente dans leur quotidien. Dieu, les anges, la Vierge Marie et tous les saints sont des interlocuteurs familiers à qui on parle à voix haute, qu'on houspille, qu'on astique et qu'on prie. C'est à Jericó qu'est née en 1874 mère Laura, première femme à être canonisée en Colombie. La dévotion et la joie de vivre sont ici intimement liées.   Jericó, l'envol infini des jours est un enchantement, autant sur le plan graphique que par la joie que transmettent ces femmes, si touchantes par leur appétit de vivre et leur détermination à voiler leurs souffrances derrière un murmure délicieux de prières, de rires et de couleurs.     Magali Van Reeth   Aux Rencontres des cinémas d'Amérique latine de Toulouse 2017, le jury SIGNIS a décerné une mention spéciale à ce documentaire, avec l'attendu suivant : ''Ce film explore la beauté du quotidien dans une petite communauté du département d’Antioquía, dans la Colombie profonde. Avec une palette riche de personnages et de couleurs, ce documentaire émouvant nous montre la vie des femmes de Jericó, leurs passions, leurs rêves et leurs espoirs.'' A ce festival, le film de Catalina Mesa a aussi reçu le prix du public.   En France, ce film est distribué par Arizona Distribution, en partenariat avec SIGNIS.