Bruxelles, Toronto, 4 avril 2018 (SIGNIS / WACC) - Maman Colonelle, documentaire réalisé par Dieudo Hamadi (RDC, 2017) reçoit le prix SIGNIS-WACC pour les Droits de l’Homme 2017. Un documentaire long métrage qui met en lumière un côté méconnu de l'Histoire : le courage d'une personne pour lutter contre les abus sexuels dans un pays déchiré par la guerre qu'est la République Démocratique du Congo.

L'un des conflits les plus violents du monde se produit actuellement dans l'est de la République démocratique du Congo. Depuis plus de vingt ans, la violence est omniprésente dans cette partie de cet immense pays. L'un des pires aspects de cette guerre est la violence sexuelle dont sont victimes de nombreuses femmes. Il y a des centaines de milliers de victimes, de tout âge. Le fait qu'elles soient abusées sexuellement est déjà terrible, mais les conséquences psychologiques, physiques et sociales sont également importantes. La société les blâme, et ne les voit pas comme les victimes qu'elles sont, et leur refuse la justice et leurs droits.

Maman Colonelle parle de cette situation, et aborde le sujet des Droits de l'Homme. Ce film donne la parole aux sans-voix et restaure la dignité humaine et la paix, non seulement aux femmes qui ont souffert des crimes de guerre mais aussi aux Africains en général parce qu'ils prennent l'initiative de travailler pour une société meilleure.

Dans Maman Colonelle, le jeune directeur congolais Dieudo Hamadi suit une policière congolaise, Honorine Munyole. Elle est responsable d'une unité spéciale pour la protection des femmes et des enfants à Bukavu dans l'est du Congo, connue pour son grand nombre de viols. Hamadi ne pouvait pas prévoir que sa protagoniste serait transférée de cette ville à Kisangani, d’où il vient. Le documentaire commence avec son transfert de Bukavu à Kisangani. À Bukavu, elle était respectée par tous et avait de l’autorité. Maintenant, elle doit construire des structures et doit tout faire pour gagner le respect et la confiance de la population locale, des femmes et surtout de l'administration et de la police. Elle est déterminée, et elle prouve que l'on peut faire la différence dans un environnement corrompu. Elle fait tout pour autonomiser les femmes désillusionnées qui veulent être reconnues comme victimes de la guerre.

Le film a remporté de nombreux autres prix, dont le prix œcuménique au Festival international du film de Berlin en 2017. A cette époque, le jury œcuménique a noté que « Dieudo Hamadi est proche de son sujet, montre les conséquences traumatiques de la violence ainsi que l’espoir d’une reconstruction d’une communauté de survivants. » Parmi les autres prix décernés au film, citons le Prix international des droits de l'homme d'Amnesty International, le Prix du meilleur film documentaire du Festival international du film de Zanzibar et le prix du Festival international du documentaire d'Amsterdam.

L'année dernière, le Prix WACC-SIGNIS pour les droits de l'homme 2016 a été décerné au film Cahier Africain dirigé par Heid Specogna (Allemagne / Suisse, 2016), documentaire mettant en lumière le sort des femmes et de leurs enfants en Centrafrique.

Chaque année, le Prix est décerné à des documentaires qui cherchent à éclairer une question de droits humains reflétant les valeurs et les priorités de l'Association Mondiale pour la Communication Chrétienne (WACC) et SIGNIS, l'Association Catholique Mondiale pour la Communication.

Pour plus d'informations, veuillez visiter le site Web de SIGNIS (signis.net) et le site Web de la WACC (waccglobal.org/).