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Eglise et Religion

Mgr Oscar Romero, « patron de SIGNIS » sera canonisé

Mgr Oscar Romero, « patron de SIGNIS » sera canonisé

(La Croix). Le pape François a approuvé mercredi 7 mars le décret autorisant la canonisation de Mgr Oscar Romero, symbole d’une Église rempart des opprimés, assassiné en 1980 par les « escadrons de la mort », en pleine guerre civile au Salvador. L’annonce de la canonisation de cette icône de l’Église latino-américaine était particulièrement attendue. Il ne manque désormais plus que la date de la cérémonie au cours de laquelle le pape proclamera saint Mgr Oscar Arnulfo Romero : l’évêque salvadorien, défenseur des paysans sans terre, fut tué en pleine messe par un commando d’extrême droite en 1980, dans un pays alors sous dictature militaire et ravagé par la violence. François a en effet approuvé mercredi 7 mars le décret reconnaissant un miracle attribué à cet homme emblématique d’une Église protectrice des plus pauvres. Ce 24 mars, il y a presque quarante ans, Mgr Oscar Romero était en train de célébrer dans la chapelle de l’hôpital de la Divine-Providence, à San Salvador. Vers 18 h 30, quelques instants avant la consécration eucharistique, un homme armé, arrivé à bord d’une voiture rouge, tira sur lui, le touchant en plein cœur. Sa mort « en haine de la foi », faisant de lui un « martyr » de l’Église catholique, a été reconnue par le pape François en 2015, lui qui n’a jamais fait mystère de l’admiration qu’il porte à cet homme qui a payé de sa vie son engagement. La même année, il était béatifié, au Salvador, le 23 mai. « La voix des sans-voix » Né en 1917 dans une famille nombreuse et modeste, à une époque où le Salvador était déchiré et l’Église persécutée, il est ordonné prêtre à Rome en 1942. Obligé d’interrompre son doctorat, il rentre au Salvador et devient curé dans le diocèse de San Miguel. Il le restera pendant vingt ans, avant d’être nommé recteur du séminaire de San Salvador, puis secrétaire général de la Conférence des évêques salvadoriens. Nommé par Paul VI évêque auxiliaire de San Salvador (1970), puis évêque de Santiago de María (1974), il devient, trois ans plus tard, archevêque de San Salvador. Il est alors réputé conservateur. Mais l’assassinat, en mars 1977, par les « escadrons de la mort », de son ami jésuite Rutilio Grande, engagé dans la défense des opprimés, va le faire profondément évoluer, au point d’être surnommé « la voix des sans-voix ». Sans adhérer à la Théologie de la libération, il admet la légitimité, dans certaines circonstances, de l’action politique, dénonçant les exactions des militaires au pouvoir à partir de 1979, et leur soutien par les États-Unis. Aux yeux de la bourgeoisie catholique et d’une partie de l’épiscopat salvadorien, il devient un dangereux agitateur. Ses discours et interventions pour l’arrêt de toute violence sont de plus en plus gênants pour le pouvoir. La veille de sa mort, il avait notamment lancé un vibrant appel à l’armée, depuis sa chaire de la cathédrale de San Salvador, demandant aux soldats de ne pas se transformer en « assassins de leurs frères paysans ». Implication personnelle du pape François Son assassinat spectaculaire en fait rapidement une icône. Non seulement pour les Salvadoriens et les catholiques d’Amérique latine soucieux de justice sociale, mais plus largement pour beaucoup de chrétiens désireux, à l’époque, de voir l’Église prendre la défense des populations pauvres. Sensible à cette figure, le pape argentin s’est personnellement impliqué dans ce dossier. Quelques jours après son élection, il donna des instructions à l’ensemble des dicastères du Vatican, afin que tous les documents dont ils disposaient sur Mgr Romero, quelle que soit leur importance, soient envoyés à la Congrégation des causes des saints. Il débloquait ainsi un procès au point mort depuis plusieurs années, certains à Rome craignant une récupération politique de l’évêque salvadorien… Ainsi, après la mort de Mgr Romero, beaucoup dans l’Église ont pensé qu’il avait été assassiné pour des motifs politiques, parce qu’il était un « subversif » – selon la thèse soutenue à l’époque par les militaires et les politiques salvadoriens. Jean-Paul II n’était pas insensible à ces arguments. En 2007, dans l’avion qui le conduisait à Aparecida (Brésil), Benoît XVI avait toutefois déjà manifesté une ouverture sur le sujet, évoquant certes les nombreuses « questions en suspens dans ce procès » mais révélant aussi le bon avancement de la cause. Près de quatre décennies après un meurtre qui a secoué l’ensemble du continent latino-américain, l’enquête sur la mort de Mgr Romero a été rouverte il y a un an au Salvador, à la suite d’une loi d’amnistie interdisant de poursuivre les auteurs de crimes durant la guerre civile. Une recherche de justice et de vérité qui se poursuit dans un pays toujours rongé par une violence endémique et de profondes inégalités sociales.
                                La réalité des <em>fake news</em> mérite l’attention et la responsabilité des communicateurs authentiques: Assistant Ecclésiastique de SIGNIS

La réalité des fake news mérite l’attention et la responsabilité des communicateurs authentiques: Assistant Ecclésiastique de SIGNIS

Mexico, 12 février  2018, (Luis García Orso, S.J.). A l’occasion de la Saint François de Sales, célébrée le 24 janvier, le Pape François a envoyé son message pour la 52ème journée mondiale des communications sociales, qui invite à la réflexion sur un thème très actuel : les fake news. Son message vaut la peine d’être lu en entier, mais nous n’en ferons ici qu’une analyse synthétique. Ce phénomène très répandu fait référence à ces actualités qui sont construites avec des données déformées, inexistantes, très partielles, ou sans fondement, mais qui sont diffusées, à tort, comme étant des informations vraies, complètes et surtout crédibles. A cela s'ajoute qu'elles sont généralement soutenues par un grand étalage de publicité, par la puissance de grands médias et, souvent, par des ressources économiques. Leur succès - les rendant souvent virales - est dû en grande partie au fait qu'elles touchent aux émotions des lecteurs, comme la colère, les frustrations, les peurs, les préjugés, l’intolérance, etc. Souvent incapables de distinguer la vérité du mensonge, les êtres humains sont piégés dans des manipulations et des tromperies. Une caractéristique négative de ce type de nouvelles que nous devons rappeler est qu'elles soutiennent presque toujours les intérêts et les commodités de certains secteurs : économiques, idéologiques, politiques, … au lieu de soutenir la vérité des faits ou le bien du peuple. Par conséquent, ce sont des informations ou des rapports qui tentent d'aller à l'encontre des autres, de discréditer, de semer les préjugés et l'animosité, et qui viennent blesser, offenser et créer des divisions et des inimitiés. Le monde des fake news dans lequel nous vivons mérite l’attention et la responsabilité des communicateurs authentiques et de ceux qui veulent vivre avec un esprit chrétien, en tant que membres de SIGNIS. Voici ce que le pape François nous invite à apporter à notre pratique de la communication : Apprendre à lire et valoriser l'information, vérifier les sources, clarifier, chercher et approfondir la vérité et les racines des situations qui sont communiquées, et ne pas propager mécaniquement la désinformation. Éduquer à savoir discerner, évaluer et méditer sur ce qui émeut le cœur de chacun, afin que nous puissions agir avec une vraie liberté et non par des intérêts désordonnés. Apprécier et soutenir ce qui favorise le bien du peuple et le bien social, l'intérêt pour autrui, l'union et la coopération, la confiance, l'écoute, le dialogue et la rencontre, et non pas ce qui cause la division et les dommages. Nous rapprocher de Celui à qui nous pouvons faire confiance et en qui nous pouvons croire : le Dieu qui est vrai et qui fait de nous des gens vrais et libres. Et apprendre depuis le chemin authentique de l'Évangile de Jésus. « Le meilleur antidote contre les faussetés, ce ne sont pas les stratégies, mais les personnes : des personnes qui, libres de l’avidité, sont prêtes à l’écoute et à travers l’effort d’un dialogue sincère laissent émerger la vérité ; des personnes qui, attirées par le bien, se sentent responsables dans l'utilisation du langage. Si la façon de sortir de la propagation de la désinformation est la responsabilité, cela concerne particulièrement celui qui est responsable par devoir d'informer, c’est-à-dire le journaliste, gardien des nouvelles. Celui-ci, dans le monde contemporain, n’exerce pas seulement un métier, mais une véritable mission. Il a la tâche, dans la frénésie des nouvelles et dans le tourbillon des scoops, de rappeler qu'au centre des informations ce n’est pas la rapidité dans la transmission et l'impact sur l’audience, mais ce sont les personnes. Informer c’est former, c’est avoir affaire avec la vie des personnes. » conclut le Pape.