Rome, 10 juillet 2017 (cath.ch/imedia/ap/be). Joaquín Navarro-Valls, porte-parole de Jean Paul II, puis de Benoît XVI pendant plus de 20 ans, est décédé le 5 juillet 2017 à l’âge de 80 ans, a annoncé l’Opus Dei, organisation dont il était membre depuis 1959.

Né en 1936 à Cartagena, en Espagne, laïc consacré au sein de l’Opus Dei – il en était “numéraire” -, Joaquín Navarro-Valls a été un des artisans de la modernisation de la communication du Saint-Siège en accompagnant les papes et les journalistes. Il a été le premier laïc à occuper ce poste stratégique.

Après des études de psychiatrie et de psychologie sociale en Espagne (doctorat en 1961), mais aussi de journalisme à l’Université de Navarre appartenant à l’Opus Dei (licence en 1968), Joaquín Navarro-Valls, fut porte-parole de l’Opus Dei. Il a collaboré à différents médias, avant de devenir en 1977 correspondant à Rome du quotidien espagnol ABC, de tendance catholique conservatrice.

Précision et justesse des écrits

Journaliste, il privilégiait la précision et la justesse dans ses écrits, “comme lorsque je travaillais comme médecin à l’hôpital”, affirmait-il. C’est aussi à cette période qu’il aide le fondateur de l’Opus Dei, Josemaría Escriva de Balaguer, à la communication de l’œuvre jusqu’à sa mort en 1975.

Juste avant la canonisation de ce dernier en 2002, Navarro-Valls écrivait dans L’Osservatore Romano: “Josemaría Escrivá nous a aidé à voir (…) les réalités humaines et concrètes, dans lesquelles il y a quelque chose de divin qui est déjà là, en attente que l’homme les découvre”.

Elu président de l’Association de la presse étrangère en Italie, il est alors appelé en 1984 par Jean Paul II à la direction de la Salle de presse du Saint-Siège.

Avec Jean Paul II et Benoît XVI

Depuis lors et jusqu’à 2006, sa figure a été intimement associée à celle de Jean Paul II, puis de Benoît XVI. Le pontife polonais lui a notamment confié une mission délicate auprès de Mikhaïl Gorbatchev et de Fidel Castro en 1998.

A Cuba, il a été chargé de négocier directement avec le lider maximo les détails de la visite de Jean Paul II. Durant les discussions qui ont duré toute la nuit, Navaro-Valls a convenu avec Castro que soit réinstaurée Noël comme une fête religieuse.

Haro sur la conférence des Nations Unies sur la population

Navarro-Valls avait aussi participé en 1994 à la conférence des Nations Unies sur la population, décrite par Greg Burke comme un exemple de “colonisation idéologique”. “C’était fascinant de le voir défendre la foi, sans être sur la défensive. Il dominait le combat”, raconte l’actuel directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

En 2006, à 69 ans, il passe la main au Père jésuite Federico Lombardi à la direction de la Salle de presse du Saint-Siège. Dès lors, il tient une chronique dans le quotidien La Repubblica et d’autres journaux italiens. Il commente également l’actualité à la télévision italienne RAI. Il était jusqu’à présent président du Conseil  consultatif de l’Université Campus Bio-Medico de Rome (Opus Dei) et président de la fondation Telecom Italia.

Un porte-parole “orienté”

Marco Politi, vaticaniste vétéran de La Repubblica, décrit Navarro-Valls comme un porte-parole “orienté”, dans le sens où il aidait les journalistes à regarder dans une certaine direction pour comprendre l’action de Jean Paul II, plutôt que de s’en tenir aux faits.

Son successeur Greg Burke, lui aussi membre de l’Opus Dei, a eu ce commentaire sur Twitter après l’annonce de sa mort: “Joaquín Navarro représentait ce qu’Ernest Hemingway définissait comme le courage: la grâce sous pression”.

Ses biographes le présentent comme un personnage infatigable, polyglotte, passionné de sport, élégant comme un hidalgo et charismatique. Le corps de Joaquin Navarro-Valls sera exposé au public en l’église Sant’Eugenio, à Rome, durant toute la soirée du 6 juillet. Une messe de funérailles se tiendra dans la même église le 7 juillet à 11h. Elle sera célébrée par le vicaire général de la prélature de l’Opus Dei, Mgr Mariano Fazio.