Bruxelles, 24 aout 2017 (SIGNIS). L’abbé Armand Pirard, âgé de 89, s’est éteint le 22 août 2017 à Bruxelles. Prêtre du diocèse de Liège, il a toujours été actif dans sa paroisse de Francheville, loin du monde des médias. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de devenir un des pionniers de la télévision belge et européenne, ainsi qu’une personnalité dans le monde catholique de la télévision et de la radio. La télévision publique francophone belge (RTBF) le considère d’ailleurs comme un des piliers du journalisme catholique, grâce à ses nombreux commentaires, reportages et interventions sur la chaîne publique pendant plus de cinquante ans. Pendant toutes ces années, l’abbé Pirard a entretenu de très bons contacts avec l’OCIC et Unda.

La télévision belge nait officiellement fin octobre 1953 sous le nom de l’INR (Institut national de Radiodifussion). En 1954, Jacques Dessaucy et Roger Mackels lancent le magazine Télépro, destiné aux téléspectateurs « pour porter un regard chrétien sur les programmes de télévision ». Ils trouvent du soutien et de l’aide auprès de l’abbé Pirard. Quelques années plus tard, il devient responsable pastoral des émissions retransmettant la messe du dimanche à la radio et à la télévision, jusqu'en 1991. Ainsi il va suivre la présence de l’église catholique dans les médias en Belgique pendant plus cinquante ans.

Il commente notamment dans les médias belges les grands évènements de l’Eglise catholiques des années 1960, comme le concile Vatican II et le décès de Jean XXIII. Il devient, à l’époque, l’« accompagnateur médiatique » des voyages des papes, et plus spécialement de Jean-Paul II. En tant qu'expert des médias, il pouvait voyager dans l’avion du Pape et vivre à Rome dans des congrégations, c’était un correspondent; idéal pour le journal et les programmes d’actualités de la RTBF.

Certains actes du Pape Jean Paul II ont été très politiques, et la question de savoir si l’abbé Pirard pouvait couvrir les affaires de l’Eglise avec un regard journalistique-critique et objectif s’est plusieurs fois posée. L’abbé Pirard était tout à fait conscient de cette problématique et a toujours essayé de fournir un journalisme de qualité.

En plus de son travail auprès de la RTBF, il collaborait également avec la Radio Suisse Romande. Avec l’Abbé Michel Demierre de Genève, il a travaillé à la retransmission des messes télévisées sur le plan local et en Eurovision pour les grandes fêtes religieuses.

En 1960, l’abbé Pirard crée l’association CTV (Centre de documentation sur la télévision), rattaché à la Radiotélévision Catholique Belge à Bruxelles.  Pour lui, le CTV a pour mission d’établir l’appréciation morale des programmes de télévision et de susciter des initiatives qui ont pour but l’information et la formation du public à la télévision.  Après l’arrivée de la vidéo dans la société, vers 1975, le CTV introduit des programmes télé (des documentaires pas uniquement religieux) en cassettes vidéo pour un usage éducatif et pastoral dans des écoles.  Grâce à son expérience, l’abbé Pirard a également été invité par l’Université Catholique de Louvain pour y donner des cours au département de Communication Sociale (COMU). 

En 2006, l’abbé Pirard termine sa carrière dans les médias et l’abbé Philippe Mawet reprend les messes radiotélévisées.