Bruxelles, 13 février 2018 (SIGNIS). La Journée mondiale de la radio célèbre l’importance de la radio dans notre quotidien. Cette année, l'UNESCO consacre la Journée mondiale de la radio au thème de la radio et du sport. « La radio offre l'opportunité de nourrir la diversité, en tant que force de dialogue et de tolérance », Audrey Azoulay.

Dans cet article, le père Paul Samasumo, vice-président de SIGNIS et président du desk radio de l’association, réfléchit sur le rôle de SIGNIS et son travail avec la radio. Pour en savoir plus sur le desk radio de SIGNIS, contactez-nous à l'adresse : Radio.desk@signis.net.

Les vieux médias sont-ils hors course ?

La radio a-t-elle toujours un avenir ? C’est une question posée régulièrement par la nouvelle génération, utilisatrice de smartphones. Oui, les transistors ont presque totalement disparu pour être remplacés par des nouveaux récepteurs numériques, et on ne voit presque plus de radios portables. Ça ne veut pas pour autant dire que l’essence-même du média « radio » a disparu. La radio est peut-être un vieux média, mais est toujours bien présente. Les temps changent, tout comme la façon dont les actualités, les informations et les divertissements nous parviennent via la radio.

La radio continue d’avoir une place particulière dans les cœurs de nombreuses personnes, surtout chez SIGNIS.

SIGNIS, héritière de Unda

Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, SIGNIS est l’héritière de Unda. SIGNIS a été formée en 2001 suite à la fusion de l’organisation catholique internationale du cinéma (OCIC) et Unda, l’association internationale catholique pour la radio et la télévision.

Unda a été créée en 1928 en Allemagne par des professionnels catholiques de la radio de nombreux pays. L’idée était de créer une organisation qui aiderait l’Eglise à faire face aux nouveaux défis d’un média qui, pour la première fois de l’Histoire, pouvait toucher chaque famille, et chaque personne, dans le monde entier.

Les fondateurs de Unda ont compris que la radio aurait un énorme impact sur la culture et la religion. Ce nouveau média pourrait atteindre un public très large, qu’il soit lettré ou analphabète.

La radio continue d’évoluer

La radio existe encore parce qu’elle s’adapte perpétuellement. Si l’on pouvait paraphraser Mark Twain : les rapports sur la mort de la radio ont été grossièrement exagérés.  Dans le passé, sa portabilité et son immédiateté ont aidé à sa survie. En effet, alors que les gens réalisaient de nombreuses activités, comme des tâches ménagères, ils pouvaient écouter leur radio simultanément. La radio a dès lors rapidement amené de nouvelles opportunités avantageuses aux businesses, aux prêtres et même aux politiques.

Les diffuseurs catholiques ont vu dans la radio un instrument qui pourrait rassembler des gens d’horizons différents, en partageant des histoires, des informations et des cultures. Cela résonne bien avec le thème de la journée mondiale de la radio de cette année.

Pour les radios catholiques, la radio est devenue un instrument de spiritualité, d’évangélisation et de vérité – en parlant d’actualités dissimulées par les médias d’Etat.

Dans le Pacifique, la radio est l’un des meilleurs médias pour atteindre les millions de personnes dispersées sur les îles. En Europe aussi, les radios catholiques ont un rôle important : au Portugal, par exemple, c’est la radio catholique Renascença qui a donné le signal pour la démocratisation du pays, le 25 avril 1974, avec son émission « Grândola, Vila Morena ».

Les Papes et Radio Vatican

L’inventeur de la radio, Guglielmo Marconi et le Pape Pie XI ont compris l’importance de ce média. Le 12 février 1931, ils ont lancé Radio Vatican, afin de pouvoir atteindre les catholiques du monde entier, y compris ceux vivant dans des régimes totalitaires où la liberté de culte n’était pas autorisée. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Radio Vatican fut une source essentielle d’information, au grand regret de Goebbels.

Radio Sutatenza, un précurseur pour les radios catholiques

Il y a plus de 70 ans, la radio catholique Sutatenza, fondée par le prêtre José Joaquin Salcedo Guarin en Colombie, a commencé à évangéliser grâce à des programmes radiophoniques à propos de la Bible. Elle diffusait également des programmes ayant pour but de réduire l’analphabétisme, de fournir des informations sanitaires ou agricoles. Sa programmation est devenue un modèle en Amérique Latine, où la radio est devenue, de facto, la voix des sans-voix, comme les peuples indigènes, les ‘campesinos’ et les mineurs. Les diffuseurs tels que Sutatenza sont devenus une inspiration pour les membres de Unda à travers le monde.

En Afrique, la radio catholique est un outil pastoral crucial

En Afrique, surtout après le premier synode africain, les diocèses qui pouvaient se le permettre, ont rapidement établi des stations de radio diocésaines. Les communications sociales étaient un thème-clé pour le premier synode africain. Les évêques d’Afrique ont décidé d’utiliser la radio comme un outil de développement intégral et d’évangélisation. Par exemple, la conférence des évêques catholiques du Kenya (KCCB, en anglais), a lancé 8 stations de radios catholiques communautaires entre 2010 et 2016.

Ces radios se trouvent dans des zones rurales qui ont été pendant longtemps marginalisées et marquées par une exclusion économique ou sociale. Cette exclusion au fil des ans se traduit par une mauvaise prestation de services, des infrastructures inadéquates et des taux élevés d'analphabétisme et de mortalité.

Radio Veritas Asia toujours en pleine forme, après 50 ans d’existence

Il y a 60 ans, la conférence des évêques d’Asie du Sud-Est a décidé de créer une radio internationale pour la région. De cette idée est née, en 1969, Radio Veritas. Comme la radio Sutatenza, elle s’est développée en une radio qui ne diffuse pas uniquement des programmes religieux, mais aussi des programmes promouvant la dialogue interreligieux et interculturel, ou qui abordent des sujets sociaux, culturels, des actualités ou sur le développement communautaire. L’UNESCO a d’ailleurs reconnu ses programmes en les incluant dans son « Programme Mémoire du monde ».

SIGNIS Services Rome

Tout en adoptant les nouveaux médias, SIGNIS poursuit son soutien à son vaste réseau de médias traditionnels. Vers la fin des années 1950, un service missionnaire spécial a été fondé au Vatican spécifiquement pour soutenir les missionnaires et leurs médias. C'est ce que l’on appelle aujourd'hui le bureau de SIGNIS Services Rome (SSR). SIGNIS Services Rome continue de soutenir l'Église du Sud en lui fournissant des équipements pertinents et robustes et en soutenant le développement pastoral des communications sociales en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Le « Radio Desk » de SIGNIS

Afin de soutenir les communicateurs catholiques du monde entier, SIGNIS a notamment divisé son travail en 6 « desks » (que l’on peut comparer à des départements), chacun centré sur un média : le numérique, le cinéma, le journalisme, l’éducation aux médias, la télévision et la radio. Actuellement, le président du desk Radio est le père Paul Samasumo, et le secrétaire est Edgar Rubio. Le desk travaille avec des professionnels de la radio de tous les continents.

En tant qu’association mondiale pour les communicateurs catholiques, SIGNIS a un large mandat. Nous visons à collaborer avec les professionnels des médias et soutenir les communicateurs catholiques, à travers le monde.