Togo, 27 février 2018 (Charles Ayetan). Le phénomène des « fake news » affecte l’opinion publique et la presse en Afrique depuis quelques années. Face à cette situation, plusieurs voix appellent au respect strict du principe de vérification de l’information. Début 2017, plusieurs sites web ont publié des articles alléguant que Donald Trump a signé un décret autorisant les citoyens de certains pays africains (Sénégal, Togo) à se rendre aux Etats-Unis sans visa pour une période maximale de 180 jours à des fins touristiques ou commerciales. Cette information est démentie par Senenews.com qui avait relayé cette fausse information pour le cas du Sénégal.

Au Togo aussi, la diffusion de fausses informations est croissante sur les réseaux sociaux avec des effets dommageables sur les médias. De nombreux internautes en sont victimes, quotidiennement. Ainsi des usagers de Facebook ou de WhatsApp ont-ils souvent reçu des photos ou vidéos relatives au terrorisme, à la diffamation, aux trafics illicites... Plus fréquente encore, l’utilisation erronée de photos anciennes ou prises dans d’autres pays, pour manipuler l’opinion.

La publication d’informations fausses ou mal interprétées est également constatée dans la presse, particulièrement dans la crise politique togolaise qui connaît un regain de tension depuis le 19 août dernier. Une polémique est ainsi née de la publication par l’agence Reuter, le 23 octobre 2017 d’une interview du ministre gambien des Affaires étrangères Ousainou Darboe qui aurait appelé le président togolais Faure Gnassingbé à la démission face aux protestations du peuple. Cette information fortement relayée et analysée dans les journaux (Liberté, Dounia le Monde, Le Libéral, Le Messager, etc.), a été condamnée par le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, puis démenti par son homologue gambien dans un communiqué. Face à ce fléau, la presse est appelée à affiner davantage ses techniques de vérification de l’information avant toute publication. Un principe fondamental de la presse qui doit être la clé de la vérité pour tout consommateur de médias et usager des réseaux sociaux. Il faut un « minimum de précautions…pour éviter de tomber dans le piège des fake news », prescrit Assane Diagne, rédacteur en chef du service francophone du site Africa Check qui a vu le jour en 2012 en Afrique du Sud. Au Togo, le programme « CineMedia Education » de l’association Communication et Développement Intégral éduque les jeunes à la lecture critique des médias.